D'où vient la divison à gauche.
Tiré du blog de Jean-Luc Melenchon
Hier mercredi. Rendez vous pour la matinale de canal + à sept heures vingt le matin. Des camarades m’envoient ensuite des SMS pour me mettre en garde contre ma mauvaise mine. Je m’étonne: j’ai fini mes réunions à minuit et je me suis levé six heures ! Comment puis-je avoir mauvaise mine ? Mais si jamais c’est le cas…. qu'y puis-je ? Dans le métro, dès l’age de vingt ans tout le monde a une drôle de mine à ces heures là. Ce doivent être les néons. « Attention à l’image ! » m’assène tel conseiller improvisé. Je préfère sourire. C’est plutôt les téléspectateurs qu’il faudrait mettre en garde, non ? Ils en ont bien besoin. J’ai peut-être mauvaise mine mais ce que j’explique vaut mieux que mon teint. J’ai commencé ma journée avec ça : « que pensez vous de la déclaration de madame Royal ». Laquelle ? J’en étais à ses sottises sur l’immigration saisonnière et régionalisée et j’avais mon argumentaire bien calé dans la bouche. Patatras, il y a une autre de ses fatwa à commenter. Madame Royal s’est demandée « si certains n’ont pas envie de perdre, si la machine à perdre n’est pas déclenchée ». Elle parlait de l’organisation des débats entre les candidats socialistes à la présidentielle. Qu’est ce que j’en pense, me demande le journaliste ? J’ai répondu. Ses supporteurs écument de rage et m’innondent de leurs mails injurieux. Il leur échappe que je n’ai pas choisi la question. J’ai dit « personne ne veut perdre au PS ! C’est une accusation très grave ! De qui parle-t-elle ? Depuis quand discuter nous fait perdre ? ». Preuve par l’inverse : en 2002 un seul candidat, pas une critique, pas une discussion. On a gagné ? Des talibans royalistes me pourchassent dans ma boite aux lettres électroniques : assez de critiques contre Ségolène ! Vous divisez la gauche, vous faites le jeu de la droite. Cet argumentaire tourne en boucle. Il est temps d’y répondre.