Grave erreur de la LCR
Le bureau politique de la LCR a refusé de signer l'appel pour des candidatures unitaires et d'intégrer le collectif d'initiative proposé par ce texte. Mais une bonne partie de notre organisation ne partage pas cette
position. Voici deux points de vue.
La direction nationale de notre organisation vient de confirmer le refus du bureau politique de la LCR de signer l'appel "Pour un rassemblement antilibéral de gauche et des candidatures communes, il y a urgence !". Elle a même refusé d'intégrer le collectif d'initiative que les signataires de ce texte appellent à former, préférant le statut d'observateur. Cette double décision est une grave erreur politique.
Comment, en effet, ne pas apprécier positivement la dynamique possible d'un texte signé par 50 personnalités et par plusieurs organisations, dont le PCF, et qui se trouve relayé par des dizaines d'initiatives en régions ? L'appel souligne pourtant que la politique du Parti socialiste est déterminée
par l'accompagnement de la mondialisation capitaliste, qu'une réédition des alternances du passé ne conduirait qu'à des désastres comparables au 21 avril 2002, que ses signataires s'engagent à ne pas participer à un gouvernement dominé par le social-libéralisme, et qu'une campagne unitaire pour les
élections à venir devrait être menée collectivement par toutes les forces partie prenante.
Un tel texte, s'il ne règle pas tous les problèmes, était de nature à susciter l'espoir parmi des milliers de militantes et de militants attendant que l'expérience de la campagne unitaire du « non » de gauche au traité constitutionnel européen trouve un prolongement, pour les mobilisations et aux élections présidentielle et législatives à venir. La LCR aurait donc dû signer l'appel et décider de s'engager
résolument dans le collectif d'initiative national et les collectifs locaux qui vont se former un peu partout.
C'est dans le cadre du débat avec les formations signataires de l'appel, et en étant actrice de la dynamique militante qui peut s'enclencher, qu'elle aurait pu le mieux s'employer à clarifier le contenu de l'unité nécessaire de la gauche antilibérale et anticapitaliste. C'est son engagement sans réserve qui aurait permis à notre organisation de peser vraiment afin que ce rassemblement lève toute ambiguïté, et
qu'il se refuse explicitement à former une majorité parlementaire avec le Parti socialiste en soutien à un
gouvernement social-libéral - et, a fortiori, la participation à un tel gouvernement avec le PS. C'est encore une attitude sans frilosité qui aurait été le mieux à même, s'agissant de la présidentielle, d'obtenir la levée de tout préalable de personne à une convergence antilibérale.
Au lieu de cela, une majorité de la direction nationale, formée par les plateformes 1 et 2, s'est enfermée dans une position d'autant moins compréhensible autour de nous, que chacun sent bien, aujourd'hui, que des candidatures unitaires sont effectivement possibles dans le prolongement du 29 Mai, de la révolte des quartiers populaires cet automne, et de la victoire obtenue contre le CPE. Et que de telles candidatures seraient, seules, de nature à empêcher une bipolarisation, dans quelques mois, entre une droite de combat et une gauche de résignation.
Il est encore possible, il est même indispensable, de rectifier le tir. Notre conférence nationale de juin en sera l'occasion.
Léonce Aguirre, Vanina Guidicelli, Céline Malaisé, Christian
Picquet